Nabokov, Playboy et Gérard Dubois.

LauraLe magazine américain Playboy a acquis le droit exclusif d’imprimer une semaine avant la sortie du livre, des extraits de «Laura» de Vladimir Nabokov. Ce manuscrit  jamais publié et destiné à être brûlé selon la volonté de son auteur avait été mis au secret pendant 30 ans dans le coffre d’une banque. Gérard DuBois a été choisi pour illustrer cet extrait.

小説『ロリータ』で知られるロシア人作家のウラジーミル・ナボコフ(Vladimir Nabokov)が死後に焼却してほしいと遺言していた未完の小説『Laura(ローラ)』が11月17日、死後32年経って出版されることになりました。この記念すべき機会にプレイボーイ(アメリカ版)は、出版の1週間前にあたる10日に小説の一部抜粋を本誌へ掲載する専有権獲得!ジャラール・デュボワは、この秘密裏にされてきた作品のイラストレーションを担当します。

Fallait-il brûler le manuscrit inachevé de Laura, comme l’avait demandé Vladimir Nabokov avant sa mort en 1977? La publication du livre, prévue simultanément à New York et Londres le 17 novembre, suscite les passions.
Sa veuve Véra, qui lui survécut 14 ans et avait déjà sauvé des flammes l’ébauche de Lolita, son roman le plus célèbre, n’en fit rien.
Leur fils unique Dmitri, aujourd’hui âgé de 75 ans, aura hésité 30 ans avant de confier l’oeuvre à l’agent littéraire Andrew Wylie, qui a négocié les droits en 2008 avec les maisons d’édition Knopf/Random House aux États-Unis, et Penguin en Grande-Bretagne.

Enfermées dans un coffre de banque à Montreux, où mourut Nabokov et où vit son fils, les 138 fiches cartonnées qui constituent L’original de Laura, titre complet de l’oeuvre, ont été l’objet de débats passionnés dans les innombrables conférences et articles qui continuent à être consacrés à l’un des plus grands écrivains du XXe siècle.

When Vladimir Nabokov died in 1977, he left instructions for his heirs to burn the 138 handwritten index cards that made up the rough draft of his final and unfinished novel, The Original of Laura. But Nabokov’s wife, Vera, could not bear to destroy her husband’s last work, and when she died, the fate of the manuscript fell to her son.

Dmitri Nabokov, now seventy-five—the Russian novelist’s only surviving heir, and translator of many of his books—has wrestled for three decades with the decision of whether to honor his father’s wish or preserve for posterity the last piece of writing of one of the greatest writers of the twentieth century.

His decision finally to allow publication of the fragmented narrative—dark yet playful, preoccupied with mortality—affords us one last experience of Nabokov’s magnificent creativity, the quintessence of his unparalleled body of work.

illustration de Gerard DuBois

%d bloggers like this: